Europain : entre innovations fraiches et technos rassies

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Cette édition d'Europain a une fois de plus montré que les boulangers pâtissiers peuvent se simplifier la vie et étendre leur potentiel commercial grâce à la technologie… mais les choix sont-ils si simples ?

Passer à la bonne caisse

Au programme technologique de cette édition, nous retrouvons bien évidemment les grands classiques: caisses enregistreuses et systèmes de sécurisation monétique.

Nombre d'entre eux se content de rester sur leurs acquis. Les logiciels et technologies vieillissent et ne communiquent toujours pas avec leur environnement. Pour compenser, le poisson est noyé dans un blah-blah commercial collant comme un pâte pas cuite.

À de rares exceptions, les questions d'ouverture et de consolidation des données sont toujours sensibles. Qu'il s'agisse des anciens du métier ou même de nouveaux arrivants, le discours est souvent le même …

À la question « Bonjour, est-ce qu'il y a moyen d'avoir des consolidations de vente multi-établissement et avoir accès à la base de données pour y faire nos analyses et des intégrations avec d'autres logiciels ? », les réponses embarrassent : « pourquoi faire ? », « notre logiciel fait déjà tout », le sublime « personne ne nous l'a demandé » ou encore « nous pouvons réaliser des développements supplémentaires » sans compter le « c'est sécurisé, on ne peut pas donner comme cela accès aux données ».

On aura tout entendu. On nous prend pour des jambons-beurre ?

Bref, on est en 2016 et de nombreux établissements vont encore tomber dans de mauvaise mains par méconnaissance, investir dans leur propre prison technologique et ne plus pouvoir évoluer. Les prochaines années s'annoncent rudes car l'aspect technique s'impose comme un vrai levier de croissance, de force concurrentielle face à une clientèle moins fidèle et toujours plus en attente de technos et d'expérience utilisateur.

À noter aussi que le matériel utilisé en boulangerie doit être adapté à un environnement hostile. La poussière, la farine, les graines et tasses de café qui passent par dessus la caisse sont autant de causes de pannes pour lequelles les services après vente d'Apple ou Samsung vous enverront sur les fraises…

Par contre, certains auront su, avec les années, réaliser un virage à 180° pour une vision 360° du métier et du service fourni, comme par exemple Tigra ou Pointex. Leurs systèmes d'encaissement se transforment en outils de vente multi-canals (bornes tactiles, par internet, etc.) et en véritable centre de contrôle des établissements. Enfin, ces nouvelles approches permettent d'avoir des solutions certes clefs en main mais toutefois ouvertes à l'avenir et aux évolutions qui s'annoncent.

En résumé: méga-gros « warning » dans le choix des systèmes d'encaissement. Faites attention. Nous ne manquerons pas d'y revenir en détail.

Des innovations

Autour de cela s'organisent des services plus récents et innovants répondant aux nouveaux besoins de diversification de l'offre, de mise en avant de la marque « artisan », de développement de nouveaux services clients pour l'amélioration de la relation et la fidélisation.

  • des bornes de commandes tactiles (Actitouch, Tigra, Pointex, etc.)
  • des logiciels pour la présence et la vente internet (LivePepper)
  • des vitrines tactiles (Actitouch)
  • du click'n collect (Miam Express, Rapidle, Pointex, etc.)
  • une imprimante 3D Chocolat (présentée par wiShape!)
  • le principe de l'ardoise client renouvelé (les Habitués)
  • outils de destockage rapide et lutte contre le gaspillage (Optimiam)
  • outils d'expansion du chiffre d'affaire comme les bornes de distribution et/ou de cuisson de pain, viennoiserie, snacking (Drive Diffusion)
  • des étiquettes numériques haute-qualité synchronisées avec la caisse façons grande-surface (Tigra)
  • des imprimantes pour packaging produit professionnelles (Kiaro!)
  • de l'analyse de données (menData)
  • de la réalité augmentée sur du chocolat (PCB Creations / Magic Xperience)

Et des boulangers-patissiers?

Face à cela, tout de même peu de monde aux conférences autour des thématiques commerciales ou transformation digitale. Pourtant, il semble urgent de sensibiliser les artisans et les chaînes émergentes aux solutions techniques, pour qu'il les considèrent enfin comme un moteur pour l'entreprise: une sources d'activité, de productivité, de clientèle et de revenus supplémentaires et non plus comme des outils périphériques obligatoires légaux à amortir.

D'autre part, trouver la bonne combinaison parmi ces technologies semble bien difficile pour qui n'a pas que cela à faire… alors, si l'entreprise est en jeu et que ceci peut être vu comme une source de revenus, cela vaut peut être la peine de s'y intéresser ?